L’Ugeb avait dénoncé « les violations des libertés démocratiques, syndicales et politiques au nom de la lutte contre le terrorisme ». Son président, Wilfried Bazo, a été arrêté par un groupe d’individus non identifiés habillés en civils.
L’Union générale des étudiants du Burkina (Ugeb), la plus importante organisation estudiantine du pays, a été suspendue pour trois mois renouvelables pour « apologie du terrorisme ». Son leader a également été arrêté, a-t-on appris de source officielle et auprès de l’organisation. La suspension a été décidée par arrêté du ministre de l’Administration territoriale qui s’appuie sur une récente loi sur la liberté d’association qui a permis de dissoudre ou de suspendre près de 1 000 associations ces dernières semaines.
La semaine dernière, l’Ugeb avait décrié « les violations des libertés démocratiques, syndicales et politiques au nom de la lutte contre le terrorisme ». « Des citoyens sont enlevés, séquestrés ; les uns sont emmenés au front, les autres gardés secrètement dans des lieux inconnus, des années durant, sans qu’ils n’aient la moindre occasion de comparaître devant un tribunal », fustigeait notamment l’Ugeb.
L’organisation a aussi dénoncé un « échec patent » du régime militaire, critiquant son « incapacité manifeste à rétablir la sécurité », dans un pays toujours gangrené par des violences jihadistes sur la majeure partie de son territoire.
« Gravité des propos attribués à l’Ugeb »
Selon l’Ugeb, une dizaine d’étudiants, dont son président Wilfried Bazo, ont été interpellés dans la nuit du 25 au 26 mai par un groupe d’individus non identifiés habillés en civils et armés ayant fait irruption à leur siège à Ouagadougou. Depuis l’arrivée de la junte au pouvoir, des centaines de voix critiques ont été arrêtées selon ce procédé, certains étant toujours portés disparus ou enrôlés de force au front pour combattre les jihadistes.
Dénonçant « des violations graves des libertés par le pouvoir », l’Ugeb « exige la libération immédiate » de ses membres. Le 27 mai, le procureur du Faso Lafama Prosper Thiombiano a annoncé « l’ouverture immédiate d’une enquête judiciaire », au regard de la « gravité » des « écrits et propos attribués à l’Ugeb ».
