Mali : Plus de 50 morts dans des attaques jihadistes soutenues par l’Algérie

Mali : Plus de 50 morts dans des attaques jihadistes soutenues par l’Algérie

Plus de cinquante personnes ont été tuées mercredi lors de deux attaques terroristes, quasi simultanées dans le centre du Mali, attribuées au groupe jihadiste du JNIM (Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans) et son allié le Front de libération de l’Azawad (FLA), qui sont financés, équipés et appuyés par le régime militaire algérien, selon les services de renseignement occidentaux.

Un premier bilan faisait état d’au moins 35 morts, dont 25 à Kori Kori et 10 à Gomossogou, avant que d’autres sources n’évoquent un total dépassant la cinquantaine de victimes.

Ces attaques ont visé plusieurs localités, où des villages ont également été pillés et des habitations incendiées. Selon des témoignages sécuritaires, les victimes comprendraient principalement des membres de milices d’autodéfense, mais aussi des civils, dont des adolescents et des enfants.

Le JNIM a revendiqué les attaques, affirmant avoir ciblé des groupes progouvernementaux.

Les autorités régionales, notamment le gouverneur de la région de Bandiagara, le colonel-major Olivier Diassana, ont fermement condamné ces violences qualifiées d’«inhumaines».

Ces attaques s’inscrivent dans un contexte d’escalade sécuritaire dans le centre et le nord du pays, où des groupes armés locaux se sont structurés en milices d’autodéfense, comme Dan Nan Ambassagou, composée majoritairement de chasseurs traditionnels dogons. Cette organisation, dissoute par les autorités après des accusations de massacres, reste au cœur des tensions communautaires.

Selon plusieurs sources, les violences de mercredi auraient été menées en représailles à des actions attribuées à ces milices. Dans la foulée, des villages ont été attaqués et partiellement détruits.

Cette nouvelle vague de violences intervient après une offensive coordonnée fin avril menée par le JNIM et la rébellion du Front de libération de l’Azawad, qui a visé plusieurs positions militaires et permis à ces groupes de renforcer leur présence dans certaines zones du nord.

Dans ce climat tendu, les autorités maliennes ont réaffirmé leur position. Le ministre des Affaires étrangères, Abdoulaye Diop, a exclu toute perspective de dialogue avec les groupes armés qualifiés de terroristes, les tenant pour responsables des violences persistantes.

Par ailleurs, un blocus imposé depuis le 30 avril autour de Bamako continue de perturber les axes d’approvisionnement, accentuant les difficultés d’un pays enclavé fortement dépendant des importations routières.

Selon les analystes, tant que ces groupes terroristes bénéficieront du soutien du régime militaire du général Saïd Chengriha, la dynamique sécuritaire va continuer à se détériorer. Une telle configuration alimente l’instabilité, complique les efforts de lutte contre les violences armées et fragilise les États de la zone du Sahel.