Eurafrica Featured

Mali : Abdoulaye Maïga, le porte-flingue de Goïta ?

Contrairement aux autres colonels au pouvoir, le ministre de l’Administration territoriale n’a pas participé aux putschs qui ont secoué le pays. Après avoir longtemps épousé ceux qu’il décrie, il est aujourd’hui la voix des déclarations les plus virulentes et un rouage central de la junte.

Assimi Goïta, Sadio Camara, Malick Diaw, Ismaël Wagué, Modibo Koné. À eux cinq, ils ont fait chuter deux régimes en moins d’un an. Anciens membres du Comité national pour le salut du peuple (CNSP) – tombeur d’Ibrahim Boubacar Keïta –, ils sont les cinq colonels vers qui tous les regards sont tournés depuis près de deux ans. À leurs côtés et bien qu’intégré tardivement au gouvernement, un autre gradé voit son influence grandir discrètement à Bamako.

Inconnu des sphères politiques il y a peu, le colonel Abdoulaye Maïga a hérité du ministère de l’Administration territoriale en juin 2021. Porte-parole du gouvernement depuis le 1er décembre 2021, le militaire de 41 ans est devenu la voix par laquelle viennent les déclarations tonitruantes, parfois guerroyantes, des autorités maliennes.

Véhémence

Quasi-systématiquement, l’apparition de son visage rond aux traits poupins à la télévision nationale est synonyme d’escalade dans le bras de fer qui oppose Bamako à une partie de la communauté internationale. En janvier, il est celui qui « invite » la ministre française des Armées de l’époque, Florence Parly, à » faire sienne [la] phrase d’Alfred de Vigny sur la grandeur du silence ». Le 18 février, sanglé dans son uniforme, c’est de nouveau lui qui accuse la France de » subversion » et « d’espionnage ». Trois mois plus tard, c’est encore lui qui « dénonce » les accords de défense qui lient le Mali et Paris.

France, Cedeao (Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest), Minusma (Mission multidimensionnelle intégrée des Nations unies pour la stabilisation au Mali), G5 Sahel : à Bamako, les annonces de ruptures ont désormais l’apparence d’Abdoulaye Maïga. Bien qu’il n’appartienne pas au quintet de putschistes qui, le 21 mai 2021, « a rectifié » la transition ouverte neuf mois plus tôt par leur premier coup d’État, le militaire est devenu un rouage central de la junte.

Related Posts