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Mamadou Diouf : « La démocratie régresse au Sénégal »

Alors que les tensions s’exacerbent à l’approche des élections législatives, l’historien estime que la nouvelle génération d’acteurs politiques doit apprendre « la culture du dialogue, ingrédient de la stabilité » du pays.

La tension politique enfle au Sénégal à l’approche des élections législatives, qui doivent se tenir fin juillet. L’opposition a appelé à une nouvelle manifestation mercredi 29 juin pour dénoncer l’invalidation d’une liste de sa principale formation par le Conseil constitutionnel. Trois personnes sont mortes lors d’un précédent mouvement de protestation le 17 juin. Plusieurs figures politiques ont également été arrêtées et placées sous mandat de dépôt pour « attroupement non armé, rassemblement illicite et dégradation de biens d’autrui ».

Président depuis 2012, Macky Sall cristallise la colère de l’opposition et d’une partie de la jeunesse, qui l’accusent de vouloir se représenter pour la troisième fois en 2024 au mépris de la Constitution, qui fixe à deux le nombre mandats successifs autorisés. Mamadou Diouf, professeur d’études africaines et d’histoire à l’université Columbia de New York et spécialiste de l’histoire politique du Sénégal, alerte sur le risque de basculement de l’un des derniers Etats stables d’Afrique de l’Ouest, longtemps érigé en modèle de démocratie sur le continent.

Mardi 28 juin, un tribunal de Dakar a condamné à six mois de prison avec sursis un député d’opposition qui avait bravé une interdiction de manifester. Les tensions politiques actuelles menacent-elles, selon vous, la démocratie sénégalaise ?

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