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Mali : après les soupçons d’exactions des militaires, la peur de poursuites internationales

Drapeaux maliens et russes, slogans contre la présence militaire française : des milliers de personnes étaient dans la rue vendredi pour soutenir les militaires maliens. Et s’élever contre l’hypothèse de poursuites par la Cour pénale internationale (CPI).

« L’armée malienne ne cesse de monter en puissance, elle a les équipements qu’il faut et le moral des troupes est au top. Cela a permis non seulement de neutraliser des terroristes mais aussi de mettre en déroute des ennemis internes et externes. », prévenait lors d’une conférence de presse, mercredi 11 mai, Mohamed Dembélé, secrétaire générale du Collectif pour la défense des militaires (CDM).

Au cours des derniers mois, le collectif s’est fait connaître pour ses communiqués au vitriol au nom du soutien à l’armée, notamment contre le travail de la presse internationale au Mali. Et le CDM est écouté, semble-t-il. Radio France Internationale et France 24 ont été suspendues par le gouvernement malien 24 heures après que ce collectif l’a réclamé.

Son dernier fait d’armes : depuis la Bourse du travail, en plein centre-ville, il a appelé les Maliens à une « mobilisation générale et historique » vendredi 13 mai pour soutenir les Forces armées maliennes (FAMa).

D’autres mouvements s’y sont associés, dont le M5-RFP du Premier ministre Choguel Maïga, le Collectif pour la refondation du Mali (Corema), Ben ni Kelenya, le groupe des patriotes du Mali, la Convention pour le Mali (CPM), Fils du Mali et Yerewolo-Debout sur les remparts.

« Sadio Camara [le ministre de la Défense] a dit que défendre les militaires était l’affaire des civils. Les télévisions des Blancs vont suivre notre marche de vendredi et vont voir que les Maliens soutiennent vraiment leurs militaires », a déclaré Drissa Meminta, représentant de Yerewolo, un mouvement connu pour avoir organisé les manifestations contre la présence militaire française et devenu un acteur important du soutien à la Russie.

Les slogans étaient issus du répertoire devenu classique ces derniers mois : « La Russie pour la souveraineté de l’Afrique » ; « Macron ! À quoi ont servi tes drones ? »

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