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Le Maroc et Israël signent un «accord de coopération sécuritaire»

Le ministre de la Défense de l’État hébreu, Benny Gantz, est à Rabat pour une visite historique. Elle intervient quasiment un an après la normalisation des relations entre le Maroc et Israël. L’occasion pour les deux États de signer « des accords de coopération sécuritaire ».

Un accord de coopération sécuritaire a été signé, mercredi 24 novembre au matin, entre le Maroc et Israël. À cette occasion, Benny Gantz, en visite à Rabat, a été reçu par le ministre de la Défense nationale marocaine. Après la signature, le ministre de la Défense israélien a pris la parole pour souligner l’importance d’un tel accord. Cela « nous permettra d’échanger nos opinions, de lancer des projets conjoints et de favoriser les exportations israéliennes jusqu’ici », a-t-il précisé.

Le texte prévoit de futures collaborations dans différents domaines : les renseignements, l’industrie, la formation militaire, et plus encore. Cela s’ajoute à des liens déjà forts dans le domaine économique et touristique.

La tension régionale attisée par l’accord ?

Un an à peine après la normalisation des relations diplomatiques entre les deux États, cet accord lance donc formellement leur coopération sécuritaire.

Mais un tel réchauffement des relations entre les États hébreu et chérifien risque d’attiser la tension qui existe déjà dans la région.

En effet, Alger voit cela d’un très mauvais œil pour plusieurs raisons. Tout d’abord, le rétablissement des relations entre Israël et le Maroc s’est fait en échange de la reconnaissance par Washington de la souveraineté du royaume chérifien sur le territoire disputé du Sahara occidental. Cet échange de bons procédés a été très mal accueilli par Alger qui soutient les indépendantistes sahraouis. Ensuite, l’Algérie apporte un soutien sans faille à la cause palestinienne depuis des décennies.

Si la visite du ministre de la Défense israélien renforce les relations entre Rabat et Alger, elle risque donc de refroidir encore davantage celles du Maroc et de l’Algérie, qui sont rompues depuis août dernier.

Pour Ignacio Cembrero, journaliste espagnol spécialiste du Maroc, ce rapprochement entre Rabat et Tel-Aviv risque d’avoir des conséquences au Maghreb.

« L’Algérie se sent menacée et elle cherche des alliés. La relation avec l’Iran est en train de s’approfondir beaucoup ces derniers mois, à cause notamment de l’élection d’Israël au Maroc. Le principal conflit aujourd’hui du Moyen-Orient qui est sans doute l’hostilité entre Israël et l’Iran est en train d’être transporté au Maghreb à travers le Maroc et l’Algérie et je pense que c’est une très mauvaise affaire d’abord pour lui-même, et ensuite pour l’Europe du Sud. »

Pour cet analyste, cette montée des tensions risque d’aggraver la situation au Sahara occidental, ce territoire étant un lieu de confrontation indirect entre les deux pays.

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