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Crise anglophone au Cameroun : un général ambazonien échappe à une attaque de l’armée

Field Marshall, l’un des chefs de guerre de l’Ambazonie, a survécu à une opération militaire menée par les forces camerounaises dans la localité de Menji, région du Sud-Ouest. Il se serait enfuit vers le Nigeria.

Selon des sources concordantes, Field Marshall, leader des « Red dragons », serait bel et bien en vie, contrairement à l’annonce de sa mort qui circule depuis le 31 décembre dernier. Ce chef de milice aurait été touché par balle au cours de combats avec l’armée camerounaise, mais aurait réussi à s’échapper vers le Nigeria.

La nouvelle a été confirmée par le porte-parole de l’armée, qui a recommandé de la prudence face aux informations en circulation. « Nous savons qu’il a été blessé. Mais c’est un grand acteur et manipulateur. Il se fait passer pour mort pour réapparaître afin de cultiver le mythe sur sa personne », a affirmé le 2 janvier le colonel Didier Badjeck, interrogé par Jeune Afrique.

Quelques jours avant la rumeur de la mort de Field Marshall, l’armée camerounaise avait engagé une opération militaire d’envergure à Menji, dans le département du Lebialem (région du Sud-Ouest). Située à environ 40 km de la ville de Dschang, cette localité est le bastion des « Red dragons », la milice armée à la tête de laquelle trône Field Marshall. Les combats, qui avaient commencé peu après la fête de Noël, se sont poursuivis jusqu’au Nouvel An.

Plusieurs morts seraient à dénombrer chez les sécessionnistes, selon le porte-parole de l’armée, mais Field Marshall et ses hommes ont néanmoins réussi à faire face aux soldats camerounais. Cet ancien chef de la sécurité du royaume de Fontem, à qui l’on prête des pouvoirs mystiques, continue de s’imposer comme l’un des chefs de guerre les plus résistants de l’Ambazonie. « Il est très puissant. Du temps où il travaillait pour le roi d’Azi [village du Lebialem, ndlr], il avait accès à tous les secrets. À sa mort, il a presque assuré l’intérim car le successeur du roi était au Canada », explique un déplacé de Menji, sous couvert d’anonymat.

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