Pourquoi les conflits à l’Est de la République démocratique du Congo (RDC) persistent depuis plus de 30 ans ? Aujourd’hui, la situation reste critique puisque depuis plus d’un an, les combattants du M23 occupent de vastes territoires dans les deux provinces au Nord-Kivu et au Sud-Kivu, à l’est du Congo. La situation humanitaire ne fait que s’aggraver.
La question de Damien Lecomte : “Pourquoi le M23 d’origine rwandaise semble-t-il agir impunément sur le territoire de la RDC ?”
Le M23 est un groupe de rebelles congolais qui occupe depuis plus d’un an, de vastes territoires à l’est de la RDC, dont plusieurs villes stratégiques : Goma, Bukavu, Kamanyola. Ces zones occupées représentent quasiment la surface d’un État. Et ces rebelles sont soutenus militairement par le Rwanda, comme le documentent plusieurs rapports de l’ONU.
Kigali accuse les autorités congolaises de ne pas agir contre la menace de groupes armés hutus rwandais – à l’idéologie génocidaire – et même de s’appuyer sur eux pour combattre le M23, ce qui est avéré.
Le M23 compte aujourd’hui 38.000 hommes, auxquels s’ajoutent quelques 5000 soldats rwandais, sur le sol congolais, ce qui représente une violation flagrante de la souveraineté de la République démocratique du Congo. Ces groupes armés sont accusés de commettre des crimes, au même titre que d’autres groupes armés, alliés aux forces congolaises.
Des sanctions américaines
En toute impunité ? Que fait la communauté internationale ?
Les États-Unis ont imposé en mars des sanctions contre l’armée rwandaise et quatre de ses commandants, ce qui a entraîné le retrait de plusieurs positions dans le Sud-Kivu. Les Américains n’ont pas apprécié que le M23 – avec le soutien du Rwanda – prenne la ville d’Uvira, en décembre, quelques jours seulement, après la signature d’un accord de paix, entre le Rwanda et la RDC, négocié par les États-Unis.
Malgré tout, le M23 occupe toujours de vastes territoires à l’est du Congo.
Intérêts économiques
Pourtant, le Conseil de sécurité de l’ONU, a adopté en 2025 une résolution (2773) qui exige le retrait du M23 et des forces rwandaises. Elle n’est pas appliquée.
Quant à l’Union européenne, elle est très critiquée, pour avoir maintenu un accord avec le Rwanda, sur les métaux rares et autres minerais stratégiques, alors qu’on sait que les rebelles du M23 et le Rwanda, tirent profit de l’instabilité de la zone, pour exploiter les richesses minières, dont regorge l’est du Congo.
La diplomatie internationale cache – en réalité – de nombreux intérêts économiques. Tandis que la faiblesse de l’Etat congolais favorise les prédations.
Pour y mettre fin, il faudrait une véritable mobilisation internationale, avec des sanctions effectives et des poursuites judiciaires.
