Après un an de tensions, le Niger se réaccorde avec Pékin sur le pétrole

Après un an de tensions, le Niger se réaccorde avec Pékin sur le pétrole

Un an après avoir expulsé plusieurs responsables chinois du secteur pétrolier, le régime nigérien a signé de nouveaux accords avec Pékin pour relancer production et exportations de brut. Un retour au pragmatisme dicté par les impératifs économiques de Niamey.

Le Niger et plusieurs sociétés chinoises qui exploitent du pétrole dans le pays ont conclu une série d’accords pour relancer la production et les exportations de brut, a annoncé lundi le ministre nigérien des Affaires étrangères, un an après un épisode de tensions.

Le régime militaire du Niger, arrivé au pouvoir en juillet 2023, mène une politique souverainiste, en particulier pour ses matières premières − le pétrole et l’uranium −, et reprochait aux entreprises chinoises leur « mépris » de la réglementation nationale et le manque de valorisation des salariés nigériens. Trois dirigeants et des travailleurs chinois de sociétés pétrolières avaient été sommés de quitter le pays il y a un an. Selon des sources proches du dossier, les dirigeants ont été remplacés.

Relance de deux projets pétroliers pour 1 milliard de dollars

Plusieurs accords ont été signés lundi 18 mai lors d’une cérémonie à Niamey en présence de responsables chinois et nigériens, dont le Premier ministre du Niger, Lamine Zeine. Ils concernent notamment la relance de deux projets pétroliers, nommés Dinga Deep et Abolo-Yogou, « pour un investissement de 1 milliard de dollars qui portera [la] production de 110 000 à 145 000 barils jour à la fin de 2029 », a affirmé le ministre nigérien des Affaires étrangères, Bakary Yaou Sangaré, pendant une cérémonie retransmise à la télévision d’État.

À cela s’ajoute la réduction du prix du transport par un pipeline d’exportation, passant de « 27 à 15 dollars par baril soit 106 millions de dollars d’économie » sur un an, a-t-il détaillé. Le ministre a également annoncé une prise de participation de 45 % de l’État nigérien dans la société Wapco (West African Oil Pipeline Company), alors qu’il ne détenait jusque-là aucune partie. Cette société, une filiale de la China National Petroleum Corporation (CNPC), gère un oléoduc géant transportant du brut vers le Bénin voisin.

Annonce de la création de 450 postes

Par ailleurs, selon le ministre, quelque 450 postes devraient être créés d’ici à 2030 au profit des Nigériens, la sous-traitance se fera « au profit des entreprises nigériennes locales » et les salaires entre le personnel expatrié et local seront harmonisés.

Les discussions amenant à ces accords ont été entamées en juin 2025 en Chine, lors d’échanges avec des autorités chinoises, précise le ministère dans un communiqué. La Chine extrait l’or noir du Niger depuis 2011. Mais ces dernières années, une brouille diplomatique avec le Bénin voisin avait fortement perturbé l’exportation de pétrole.

Concernant l’uranium, lundi également, le gouvernement a annoncé, selon la télévision d’État, la création d’une société pour remplacer une filiale du géant français du nucléaire Orano, la Somaïr, après une nationalisation forcée en 2025. La nouvelle entreprise a été nommée Teloua Safeguarding Uranium Mining Company (Tsumco SA).