Paris tourne une page de son engagement militaire sur le continent africain. L’armée française a décidé de mettre fin à ses implantations permanentes, privilégiant désormais des déploiements ponctuels à la demande des États partenaires, dans un contexte marqué par la montée des aspirations souverainistes et un recentrage stratégique vers l’Europe.
Symbole de cette mutation, la France ne conserve plus qu’une base permanente : celle de Djibouti, qui accueille environ 1 500 soldats et reste un point d’appui clé vers l’océan Indien. Les accords de défense entre les deux pays ont d’ailleurs été renouvelés en juillet 2024.
Partout ailleurs, les troupes françaises ont quitté leurs positions ou transféré leurs installations aux armées nationales. Ce désengagement s’est souvent opéré sous la pression de gouvernements désireux de marquer leur autonomie vis-à-vis de l’ancienne puissance coloniale.
Le processus a véritablement débuté au Mali, où l’opération Serval lancée en 2013, puis transformée en Barkhane, a pris fin en 2022 après une détérioration des relations avec Bamako. Les retraits se sont ensuite enchaînés au Burkina Faso et au Niger, à la suite de coups d’État et de la dénonciation des accords militaires.
Fin 2024, le Tchad et le Sénégal ont à leur tour obtenu le départ des forces françaises, mettant un terme à plusieurs décennies de présence. En 2025, la Côte d’Ivoire et le Gabon ont récupéré leurs bases, désormais utilisées dans le cadre de coopérations.
A Libreville, l’ancien camp De Gaulle a été transformé en centre de formation militaire partagé. Dans ces deux pays, de petits contingents français, respectivement 200 et 100 militaires, sont maintenus pour assurer la coordination et faciliter des missions temporaires d’appui et de formation.
Ces détachements modulables couvrent des domaines variés, allant de la lutte contre les drones à la surveillance maritime, en passant par la formation au déminage ou au renseignement. La France développe également des partenariats avec des pays non francophones comme le Ghana, le Nigeria ou la Gambie et maintient sa mission navale Corymbe dans le Golfe de Guinée, assurant une présence quasi continue pour sécuriser cette zone stratégique.
