Au Soudan, l’armée annonce avoir repris le palais présidentiel aux paramilitaires, qui ont contre-attaqué

Au Soudan, l’armée annonce avoir repris le palais présidentiel aux paramilitaires, qui ont contre-attaqué

Après des combats intenses, l’armée régulière s’est emparée, vendredi, de l’ancien siège du gouvernement, qui était aux mains des Forces de soutien rapide.

L’armée soudanaise a repris, vendredi 21 mars, le palais présidentiel aux Forces de soutien rapide (FSR), infligeant un coup dur aux paramilitaires. Ceux-ci ont riposté par un raid meurtrier de drones sur le bâtiment à Khartoum, près de deux ans après le début de la guerre.

La télévision d’Etat a diffusé des images de combattants célébrant leur conquête du palais, avant que trois de ses journalistes y soient tués, selon une source militaire. « Ils couvraient la reprise du palais républicain par l’armée lorsqu’un drone des FSR a frappé le complexe, tuant et blessant également plusieurs militaires », a indiqué cette source à l’Agence France-Presse (AFP) sous couvert d’anonymat.

Dans un communiqué publié sur Telegram, les FSR ont indiqué avoir lancé une « opération éclair ». « La bataille pour le palais républicain n’est pas terminée », ont-ils juré. Des témoins ont signalé que plusieurs drones avaient ciblé la zone, où les soldats célébraient leur victoire dans des salles ravagées du palais.

Dans une déclaration diffusée par la télévision d’Etat, un porte-parole de l’armée, le général Nabil Abdallah, s’est félicité de la reprise du palais présidentiel : « Nos forces ont complètement détruit les combattants et les équipements de l’ennemi, et ont saisi de grandes quantités d’équipements et d’armes. »

L’armée va continuer à « progresser sur tous les fronts jusqu’à ce que la victoire soit complète et que chaque parcelle de notre pays soit purgée des milices et de leurs partisans », a-t-il ajouté en référence aux FSR.

Lundi, des troupes de l’armée régulière venant du sud de la capitale avaient rejoint des forces du commandement général déjà dans le centre de Khartoum, près du palais présidentiel, qui était alors toujours aux mains des paramilitaires.

Combats intenses au Darfour

Depuis le 15 avril 2023, une guerre oppose le chef de l’armée, Abdel Fattah Abdelrahman Al-Bourhane, à son ancien adjoint et commandant des FSR, Mohammed Hamdan Daglo. Les paramilitaires avaient pris possession du palais présidentiel en avril 2023. Et l’armée cherche à reconquérir la capitale perdue au début du conflit.

Le centre de Khartoum, où se trouve le palais présidentiel, les ministères et le quartier des affaires, a été le théâtre de batailles féroces ces derniers mois. Au cours des dernières semaines, l’armée a repris, dans la capitale, le secteur de Khartoum-Nord – de l’autre côté du Nil Bleu par rapport au centre-ville – ainsi que celui du Nil Oriental à l’est. Les FSR tiennent toujours des positions à Khartoum et dans sa ville jumelle d’Omdourman, de l’autre côté du Nil Blanc.

Le gouverneur du Darfour, Minni Minnawi, a déclaré jeudi que l’armée et ses milices alliées menaient des « batailles acharnées » contre les FSR près de la ville frontalière de Malha, à 220 kilomètres au nord d’El-Fasher. L’armée et ses milices alliées ont repoussé avec succès les attaques des FSR sur El-Fasher, selon la même source, mais les paramilitaires ont bombardé à plusieurs reprises les camps de déplacés voisins touchés par la famine.

Selon les estimations de l’ONU, environ 2 millions de personnes sont confrontées à une insécurité alimentaire extrême au Soudan, et 320 000 souffrent déjà de famine. Le conflit dans le pays a provoqué des dizaines de milliers de morts, déraciné plus de 12 millions de personnes et causé la plus grande crise alimentaire et de déplacement de population au monde.

Dans la région de Khartoum, au moins 3,5 millions de personnes ont été contraintes de quitter leur foyer en raison des violences, tandis qu’au moins 100 000 personnes sont confrontées à la famine.