En 2024, quatre attaques jihadistes sur dix dans le monde ont eu lieu au Burkina Faso, au Niger ou au Mali, selon l’indice mondial du terrorisme. Décryptage en infographies.
Des soldats nigériens montent la garde près du chantier du premier barrage que le pays construit sur le fleuve Niger, dans la région occidentale des « trois frontières », l’une des zones du Sahel les plus touchées par les attaques djihadistes. Le 10 septembre 2021. © Boureima HAMA / AFP
Publié le 7 mars 2025 Lecture : 1 minute.
C’est une photographie statistique qui vient confirmer ce que la litanie du recensement des attaques menées par les groupes terroristes jihadistes sévissant au Sahel dit chaque jour ou presque : l’Afrique de l’Ouest est, dans le monde, la région la plus frappée par le terrorisme.
Un panache de fumée s’élève au-dessus de Bamako, lors de la double attaque jihadiste du 17 septembre 2024. © AFPTV / AFP
En 2024, un peu plus de 3 000 personnes ont été tuées au Burkina Faso, au Mali et au Niger dans des attaques menées par des jihadistes, ce qui représente 40% des victimes du terrorisme enregistrées au niveau mondial.
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C’est l’un des principaux enseignements du Global Terrorism Index 2025*, un indice que l’Institut pour l’économie et la paix, un think tank australien, a lancé en 2011. La cartographie ci-dessous montre cette prédominance des pays de l’Alliance des États du Sahel (AES) dans ce classement.
La situation en Afrique de l’Ouest est plus visible encore lorsque l’on resserre la focale sur le continent uniquement (voir carte ci-dessous). La situation est d’autant plus inquiétante que, à en croire les auteurs du rapport, elle ne cesse de se dégrader. Si le Burkina Faso était déjà en tête des pays les plus touchés par le terrorisme en 2022, le Niger est passé de la 10e à la 5e place en l’espace de deux ans. Et si les pays de l’AES sont en première ligne, la situation est également plus que préoccupante au Nigeria ainsi qu’au Tchad et au Cameroun.
Une récente attaque a eu lieu dans la zone de Tiskadene, au nord du Mali, sur l’axe reliant Gao à la frontière algérienne. Un itinéraire régulièrement emprunté par les migrants et leurs passeurs cherchant à traverser le désert du Sahara. © Frederic Petry / Hans Lucas
Les données recueillies et analysées par les auteurs du rapport permettent également de mesurer le degré de violence des terroristes jihadistes sahéliens : sur les 50 attaques les plus meurtrières recensées au cours de l’année 2024, 43 ont été commises sur le continent, dont la très large majorité, là encore, au Burkina Faso, au Mali et au Niger.